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De « snail mail » à « snail brain »

Le passage du courrier papier à l’e-mail me revient avec l’arrivée de l’IA. De « snail mail » à « snail brain », que révèle ce changement de référence ?

15 juillet 20263 min read
De « snail mail » à « snail brain »

De « snail mail » à « snail brain »

Il y a plus de vingt ans, une expression anglaise m’avait marqué : snail mail, le « courrier escargot ».

Avec l’arrivée d’Internet dans les foyers, j’ai vu le courriel prendre rapidement sa place dans nos échanges. Là où nous attendions une lettre, nous pouvions désormais recevoir un message en quelques secondes. C’est ce contraste que l’expression « snail mail » résumait pour moi.

Un basculement qui continue

En retrouvant cette idée, je découvre jusqu’où cette transformation est allée au Danemark. PostNord y a annoncé l’arrêt de son activité courrier à la fin de 2025 et le retrait de ses 1 500 boîtes publiques de collecte. L’entreprise indique que le volume des lettres a diminué de plus de 90 % depuis 2000.

Le courrier papier n’y disparaît pas : d’autres opérateurs continuent à le distribuer. Mais voir un acteur postal historique abandonner cette activité donne une dimension concrète au changement que j’ai traversé.

Une expression qui me revient avec l’IA

Penser seul, puis penser assisté : une personne conserve son cheminement et échange avec un assistant IA.

Penser seul → Penser assisté.

Aujourd’hui, snail mail me revient lorsque je pense à l’intelligence artificielle.

Je remarque une évolution dans ma propre façon de travailler. Là où j’aurais dit « je vais y réfléchir », je me surprends à dire « je vais le soumettre à mon agent ».

Je lui présente une idée ou un problème. Il me propose rapidement des pistes, que j’examine, conteste ou approfondis. La décision reste la mienne, mais cette assistance devient une étape habituelle de ma réflexion.

C’est là qu’un autre terme me vient : snail brain, le « cerveau escargot ».

Je l’emploie comme une expérience de pensée. Si réfléchir avec une IA devenait aussi naturel qu’envoyer un e-mail, finirions-nous par donner un qualificatif à la réflexion menée sans elle ? Ce qui était notre référence nous semblerait-il soudain lent ?

Ce que la comparaison pourrait oublier

Ce parallèle m’évoque aussi ce que le courrier papier conserve : un objet que l’on tient, une écriture que l’on reconnaît, une lettre que l’on garde.

La réflexion humaine possède, elle aussi, des qualités que sa vitesse ne résume pas. Elle peut mûrir avec l’expérience, le doute et le recul. Sa lenteur ne garantit pas sa profondeur ; la rapidité d’une réponse ne suffit pas davantage à mesurer celle-ci.

L’expression « snail mail » a accompagné le passage au courriel. « Snail brain » m’évoque aujourd’hui un basculement comparable avec l’IA. Mais la rapidité du courriel n’a pas effacé la valeur d’une lettre. Et celle d’un assistant ne résume pas la valeur d’une réflexion humaine.