Contexte
Cet article approfondit une réflexion publiée sur LinkedIn le 10 mars 2026. Il reflète mon analyse à cette période. Depuis, mes pratiques autour des agents IA, de leur mémoire et de leur identité ont évolué. Cette expérience reste néanmoins le point de départ de cette évolution.
Le LLM, miroir de notre identité
Lorsque j'ai quitté ChatGPT pour utiliser Claude, je pensais simplement changer d'outil.
Je m'attendais à retrouver la même expérience : un assistant capable de répondre à mes questions, de challenger mes idées et de m'aider à structurer mes réflexions. Comme lorsqu'on remplace un éditeur de code ou un navigateur par un autre.
Pourtant, quelques jours plus tard, un sentiment inattendu est apparu.
Je n'avais pas seulement changé de LLM.
J'avais perdu quelque chose que je n'avais jamais eu conscience de construire.
Cette expérience m'a conduit à une question qui continue de m'accompagner aujourd'hui :
À partir de quel moment un LLM cesse-t-il d'être un simple outil pour devenir un environnement de réflexion ?
Une transition que je pensais transparente
Je n'ai pas quitté ChatGPT pour comparer les modèles ou mener une expérience.
À ce moment-là, je pensais simplement que Claude correspondrait mieux à mes besoins. La décision était pragmatique.
Je ne cherchais pas une nouvelle manière de travailler.
Je voulais retrouver la même relation avec un autre assistant.
Je pensais que quelques heures suffiraient pour reprendre mes habitudes.
Ce ne fut pas le cas.
Ce qui m'a réellement surpris
Les premières conversations étaient pertinentes.
Les réponses étaient bonnes.
Les capacités étaient bien présentes.
Pourtant, quelque chose sonnait faux.
Je retournais régulièrement sur Claude avec l'impression de devoir reconstruire une manière d'échanger qui, jusque-là, m'était devenue naturelle.
Bien sûr, je savais qu'un nouvel assistant ne disposait pas de mon historique.
Mais ce n'était pas ce qui me perturbait.
Ce qui me manquait était plus difficile à décrire.
Je ne retrouvais pas la fluidité que j'avais progressivement construite au fil de centaines d'échanges.
Ma façon de poser une question.
D'introduire un contexte.
De faire évoluer une idée.
De revenir plusieurs jours plus tard sur un raisonnement.
Je découvrais que cette manière de travailler ne s'était pas construite uniquement dans ma tête.
Elle s'était construite dans la relation elle-même.
C'est à ce moment-là que j'ai compris que je n'avais pas simplement changé d'assistant.
J'avais quitté un environnement de réflexion devenu familier.