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Pourquoi l'usage de l'IA met-il encore mal à l'aise ?

Un proche a repéré des tournures typiques de l'IA générative dans un de mes textes. Ma réaction, l'espace d'un instant, en dit long sur le regard que l'on porte encore sur l'usage de l'IA.

31 juillet 20263 min read

Pourquoi l'usage de l'IA met-il encore mal à l'aise ?

Une remarque qui m'est restée en tête

En relisant le contenu d'un de mes sites, un proche a repéré plusieurs tournures typiques de l'IA générative.

Il s'est forgé un regard aiguisé sur le sujet, à force d'y être exposé. Sa réaction a été presque épidermique : « cette formulation, c'est typique d'un agent IA. »

Cet échange m'est resté en tête.

Pas pour la remarque elle-même, mais pour ce qu'elle a provoqué.

Le réflexe de me justifier

L'espace d'un instant, je me suis surpris à vouloir préciser comment j'avais utilisé l'IA. Ce qu'elle avait rédigé. Ce que j'avais réécrit. Ce qui venait réellement de moi.

Pourquoi ai-je ressenti le besoin de faire cette distinction ?

La question m'est restée en tête.

J'utilise un agent IA pratiquement tous les jours. Pour écrire, structurer, relire. Et jusqu'à cet échange, la question ne se posait même plus pour moi.

Lorsque je parle d'IA dans cet article, je fais référence aux assistants conversationnels (ChatGPT, Claude...) et aux agents IA qui s'appuient sur eux. Le terme « IA » est devenu tellement large qu'il mérite d'être précisé.

Une gêne plus répandue qu'il n'y paraît

Cet instant m'a aussi rappelé une chose que j'observe régulièrement autour de moi : beaucoup hésitent encore à dire qu'ils utilisent une IA, dans leur travail comme dans leurs échanges (emails, messages).

Autour de moi, j'observe une adoption progressive, souvent freinée par des discours contradictoires et une terminologie qui peut donner le sentiment que ces outils ne sont pas faits pour tout le monde.

Encadrer n'est pas juger

Cette réaction n'apparaît pas par hasard. Elle s'inscrit dans un contexte où l'IA est très souvent abordée sous l'angle des risques.

Je comprends que certaines organisations encadrent l'usage de l'IA. Confidentialité, conformité, protection des données. Cette prudence est légitime.

Le problème n'est pas l'encadrement.

Le problème apparaît lorsque cet encadrement est vécu comme un jugement de valeur sur celles et ceux qui utilisent ces outils.

Une règle destinée à protéger les données ou à encadrer des usages peut facilement être interprétée comme un signal : « utiliser une IA est une pratique dont il faut se méfier ».

Mais à force de communiquer uniquement sous l'angle du risque, on installe une méfiance durable. Une méfiance qui finit par se loger jusque dans notre propre rapport à l'outil.

Pas de gêne à avoir

Utiliser une IA n'est pas reconnaître une faiblesse. C'est choisir un outil lorsqu'il apporte de la valeur.

Je serais davantage gêné de renoncer à un outil qui améliore mon travail, uniquement par peur du regard des autres.

Nous sommes probablement dans une période de transition. Une période où l'on parle davantage de l'outil que de ce qu'il permet réellement de produire.

Peut-être que le véritable signe de maturité ne sera pas lorsque tout le monde utilisera une IA.

Ce sera le jour où leur utilisation ne provoquera plus ni surprise, ni justification.